đȘïžDans un monde en perpĂ©tuelle mutation, oĂč les crises s’enchaĂźnent et s’entrechoquent, le paradigme de la performance Ă tout prix montre ses limites. Et si la clĂ© pour naviguer dans ces eaux tumultueuses rĂ©sidait non pas dans l’optimisation constante, mais dans la robustesse ? đđĄInspirĂ©e des travaux d’Olivier HAMANT, cette rĂ©flexion nous pousse Ă repenser en profondeur les approches de management et d’organisation du travail ; je ne peux m’empĂȘcher d’Ă©tablir un parallĂšle entre robustesse et clinique du travail, je vous explique pourquoi dans la suite de cet article. La question de la robustesse (et non plus uniquement de la performance Ă©conomique et sociale) sera au programme de mes prochains accompagnements.
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Le piĂšge de la performance : pourquoi il est temps de changer de paradigme
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Qu’est-ce que la performance ? Quelles sont ses limites ?
đĄLa performance, dĂ©finie comme la somme de l’efficacitĂ© (atteindre son objectif) et de l’efficience (avec le moins de moyens possibles), nous a enfermĂ©s dans une voie Ă©troite et fragile.
đLa performance n’est plus la rĂ©ponse adaptĂ©e aux dĂ©fis actuels :
đ»FragilitĂ© et burn-out : la suroptimisation mĂšne Ă l’Ă©puisement des humains et des Ă©cosystĂšmes. Des organisations sous tension constante gĂ©nĂšrent des dĂ©missions, des burn-out et un dĂ©sengagement croissant, comme en tĂ©moigne la double Ă©pidĂ©mie de ce premier quart de siĂšcle.
đ»PensĂ©e rĂ©ductionniste : pour ĂȘtre performante, une organisation doit rĂ©duire les problĂšmes complexes en sous-problĂšmes, crĂ©ant ainsi de nouveaux nĆuds ailleurs. Penser « efficacité » nous empĂȘche d’embrasser la perplexitĂ©, pourtant « le dĂ©but de la connaissance ».
đ»Autojustification : On finit par travailler pour l’indicateur (le chiffre) plutĂŽt que pour la mission (le sens). La performance devient une coquille vide.
đ»DĂ©shumanisation et contrĂŽle exacerbé : le culte de la performance, alimentĂ© par la digitalisation, nous pousse vers l’hyperdisponibilitĂ© et des systĂšmes de contrĂŽle indirects toujours plus puissants, rĂ©duisant les interactions humaines et le sens mĂȘme du travail.
đ»Illusions de croissance et de stabilité : la croissance infinie sur une planĂšte finie est absurde et crĂ©e des pĂ©nuries. La performance se justifie dans un monde stable, abondant et en paix, hypothĂšse qui n’est plus vĂ©rifiĂ©e.
đ»Limites de la RSE et de l’agilitĂ© : Si l’AgilitĂ© et la RSE sont nĂ©es d’une intention louable, elles sont souvent dĂ©tournĂ©es pour devenir de nouveaux outils d’optimisation (le ‘faire plus vite’ ou le ‘verdir sans changer’). La robustesse propose d’aller plus loin : il ne s’agit pas de polir la machine, mais de s’assurer qu’elle peut continuer Ă rouler mĂȘme si la route s’effondre
L’autre approche possible : la robustesse, inspirĂ©e du vivant pour faire face Ă un monde fluctuant
đĄÂ«Â La robustesse est la capacitĂ© d’un systĂšme Ă se maintenir stable Ă court terme et viable Ă long terme malgrĂ© les fluctuations. Elle offre une rĂ©ponse opĂ©rationnelle aux turbulences et s’inspire directement du fonctionnement des systĂšmes vivants, experts des incertitudes. »
Contrairement Ă une idĂ©e reçue, le vivant n’est pas performant au sens d’efficacitĂ© et d’efficience maximales. Il « gĂąche Ă©normĂ©ment d’Ă©nergie et de ressources » selon Olivier HAMANT. Sa force rĂ©side dans ses contre-performances constitutives :
âłïžHĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© et redondance : multiplier les options, crĂ©er des chemins alternatifs dans un environnement imprĂ©visible vs les pratiques de standardisation qui aliĂšnent et dĂ©vitalisent le travail
âłïžAlĂ©as et lenteur : accepter l’imprĂ©vu, prendre le temps de l’expĂ©rimentation et de la diversification. La lenteur, le « temps perdu », est un prĂ©requis indispensable avant de dĂ©cider dans un monde robuste vs les transformations permanentes au pas de course, sans mĂȘme prendre le temps de sâassurer quâon va dans la bonne direction ou que tout le monde suit.
âłïžIncohĂ©rence et erreurs : les contradictions internes, loin d’ĂȘtre des faiblesses, sont des sources de stabilitĂ© et de souplesse, permettant de rĂ©sister aux fluctuations externes et d’Ă©viter les escalades sans fin.
âłïžSous-optimalitĂ© : viser le satisfaisant plutĂŽt que le maximum. Le vivant fonctionne bien en dessous du maximum de performance pour pouvoir rĂ©pondre Ă une attaque inattendue, s’autorisant la performance de maniĂšre transitoire uniquement.
đšLa robustesse, en ouvrant le champ des possibles, nous invite Ă un « contre-programme » qui inverse les paradigmes de notre temps.
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La robustesse, un atout majeur pour les structures de l’ESS et les « marges pionniĂšres »
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đĄLes structures de l’Ăconomie Sociale et Solidaire (ESS), que jâaccompagne, sont souvent des exemples prĂ©curseurs de cette transition vers la robustesse. Elles opĂšrent aux « marges » du systĂšme dominant, des marges qui, selon Olivier HAMANT, sont les premiĂšres Ă percevoir les fluctuations et Ă dĂ©velopper des stratĂ©gies pour s’y adapter, devenant ainsi les pionniĂšres des bifurcations futures.
Pour autant, les structures de lâESS sont aussi confrontĂ©es Ă cette injonction Ă la performance : il faut faire mieux ou plus avec toujours moins de ressources, et jâen constate chaque jour les effets sur les organisations et les Ă©quipes âŠ
Les inversions proposées par la robustesse
Voici quelques-unes des inversions que la robustesse propose et qui rĂ©sonnent fortement avec les valeurs de l’ESS :
đ Questionner avant de rĂ©pondre
đAu lieu de chercher la meilleure rĂ©ponse Ă la mauvaise question, la robustesse nous invite Ă passer plus de temps Ă dĂ©finir les problĂšmes, Ă les soumettre Ă des « stress tests », Ă embrasser la perplexitĂ©.
đïžââïžEn pratique : La prochaine fois qu’un problĂšme urgent survient, interdisez-vous de chercher une solution pendant les 15 premiĂšres minutes. Utilisez ce temps uniquement pour poser des questions : « De quoi ce problĂšme est-il le symptĂŽme ? », « Que se passe-t-il si on ne fait rien ? »
đ Produire pour nourrir les Ă©cosystĂšmes
đL’agroĂ©cologie, la bioĂ©conomie circulaire, le tout-rĂ©parable remplacent l’exploitation des Ă©cosystĂšmes par une production qui les nourrit et les rĂ©gĂ©nĂšre. La circularitĂ© prend le pas sur l’efficience, rendant le gaspillage non problĂ©matique.
đïžââïžEn pratique : Lors des bilans annuels ou de fin de mission, ne regardez pas seulement le livrable. Posez la question : « Ce projet a-t-il Ă©puisĂ© l’Ă©quipe ou a-t-il renforcĂ© ses compĂ©tences et ses liens ? » (L’idĂ©e est de rĂ©gĂ©nĂ©rer le capital humain plutĂŽt que de le consommer)
đ De la propriĂ©tĂ© Ă l’usage et au partage
đ L’Ă©conomie de l’usage, le partage de ressources et d’outils (comme les ateliers de rĂ©paration citoyens) remplacent le « tout jetable » et la propriĂ©tĂ© individuelle. Cela favorise la coopĂ©ration et rĂ©duit l’obsolescence programmĂ©e.
đïžââïžEn pratique : PlutĂŽt que chaque service possĂšde son propre budget ou ses propres outils qu’il garde « jalousement », crĂ©ez un systĂšme de prĂȘt de compĂ©tences ou de matĂ©riel entre dĂ©partements. Cela favorise la coopĂ©ration plutĂŽt que la compĂ©tition pour les ressources
đ Faire commun : relier grĂące aux contradictions
đ PlutĂŽt que dâĂ©viter les conflits, les utiliser comme levier dâĂ©quilibre collectif, favorisant la dĂ©mocratie robuste et lâintelligence collective. La conflictualitĂ© constructive devient une ressource pour la cohĂ©sion
đïžââïžEn pratique : Organisez une rĂ©union mensuelle oĂč l’on ne parle pas de ce qui va bien, mais des injonctions contradictoires reçues (ex: « On me demande d’ĂȘtre rapide ET qualitatif, comment je fais ? »). Le manager n’apporte pas la rĂ©ponse, il anime le dĂ©bat pour que le collectif dĂ©cide d’un arbitrage acceptable
đ Low-tech citoyennetĂ© et innovation robuste
đ Promouvoir des solutions low-tech qui allient durabilitĂ© et technologie, valorisant la techno-diversitĂ©, les savoir-faire locaux, et lâhybridation des connaissances. Lâinnovation devient un choix stratĂ©gique orientĂ© par la robustesse, non par la rentabilitĂ© financiĂšre immĂ©diate.
đïžââïžEn pratique : Pour chaque nouvel outil digital ou processus, demandez Ă l’Ă©quipe : « Si ce logiciel tombe en panne demain, comment continue-t-on Ă travailler ? » Valorisez les solutions simples et dĂ©gradables (papier, discussion directe) qui garantissent la continuitĂ© du service sans dĂ©pendre d’une hyper-technologie fragile.
đTravailler moins pour vivre mieux
đ La robustesse invite Ă redonner du sens au travail en favorisant une meilleure qualitĂ© de vie, en limitant la surcharge et en valorisant lâĂ©panouissement collectif.
đïžââïžEn pratique : Supprimez la valorisation des « heures sup » visibles. Un manager robuste fĂ©licite celui qui termine son travail dans les temps impartis, car cela prouve que le systĂšme est bien calibrĂ© et que le salariĂ© prĂ©serve sa capacitĂ© de travail sur le long terme (sa robustesse personnelle).
đLa santĂ© commune comme levier Ă©conomique
đUn projet robuste doit alimenter la santĂ© humaine, la santĂ© sociale et la santĂ© des milieux naturels, sans exception. Le modĂšle Ă©conomique devient un produit de cette « santĂ© commune », et non une contrainte d’entrĂ©e. Cela ancre la structure dans une logique de soin au territoire.
đïžââïžEn pratique : IntĂ©grez un indicateur de santĂ© (physique et mentale) dans vos tableaux de bord de pilotage, au mĂȘme titre que le CA. Si les objectifs sont atteints mais que l’indicateur santĂ© est dans le rouge, le projet est considĂ©rĂ© comme un Ă©chec « non robuste »
đLa valorisation de la coopĂ©ration
đDĂ©velopper lâapprentissage collectif, la rĂ©flexion critique, et la densitĂ© des interactions, pour construire des rĂ©seaux rĂ©silients et renforcer le sentiment dâappartenance.
đïžââïžEn pratique :Â
Des exemples concrets
Des organisations à taille humaine ancrées localement
Olivier HAMANT cite des exemples concrets de structures illustrant déjà cette démarche :
đ Pocheco (fabricant d’enveloppes Ă©cologiques axĂ© sur l’Ă©colonomie, le bien-ĂȘtre des salariĂ©s et la circularitĂ©);
đ Entropy (restaurant axĂ© sur le zĂ©ro gaspillage, produits locaux, financement d’associations);
đ UlterĂŻa (Ă©cole, ferme, entreprises industrielles interconnectĂ©es);
đ La Louve (supermarchĂ© participatif, prix bas, bio, circuits courts).
Le modĂšle des SCOP favorise la robustesse
Les principes fondamentaux qui sous-tendent le modĂšle des SCOP, sont des leviers essentiels pour construire la robustesse dans un monde fluctuant :
- La coopération prime sur la compétition;
- La gouvernance démocratique et participative;
- La recherche de résilience plutÎt que de rendement maximal;
- L’ancrage local et lâĂ©conomie de lâusage;
- La prise en compte de la santĂ© et de lâenvironnement comme piliers fondamentaux.
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Développer la robustesse des organisations en mettant la qualité du travail au coeur des débats
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đĄLa transition vers la robustesse est un processus qui exige d’Ă©largir notre cadre de rĂ©fĂ©rence et de repenser nos conceptions de la performance, de l’incertitude et de la croissance. Cette Ă©volution, bien que progressive, apparaĂźt inĂ©luctable. L’objectif n’est pas d’abandonner toute notion de performance, mais de la repositionner comme un Ă©lĂ©ment secondaire, transitoire et au service d’une viabilitĂ© durable.

Quels parallĂšles entre la robustesse et l’approche clinique du travail ?
Je ne peux m’empĂȘcher d’Ă©tablir des parallĂšles entre le modĂšle de la robustesse et les principes de la clinique du travail (objet de ma formation de ces derniers mois). Voici les principaux points de convergence que j’identifie :
đ CrĂ©er des marges de manĆuvre
âLa quĂȘte incessante de performance et la suroptimisation enferment les organisations dans une voie non viable, engendrant Ă©puisement professionnel et dĂ©sengagement des salariĂ©s
â Ă l’inverse, la robustesse se construit sur des Ă©lĂ©ments souvent perçus comme des « contre-performances » (hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ©, alĂ©as, erreurs, lenteur). Elle vise Ă maintenir la stabilitĂ© et la viabilitĂ© du systĂšme malgrĂ© les fluctuations. Cette approche gĂ©nĂšre des « marges de manĆuvre considĂ©rables », essentielles pour naviguer dans l’imprĂ©visible.
đ En clinique du travail, on distingue souvent le travail prescrit (ce qui est Ă©crit sur la fiche de poste) du travail rĂ©el (ce que l’on fait vraiment pour s’en sortir). La course Ă la performance Ă©crase cet Ă©cart : on veut que le rĂ©el colle parfaitement au prescrit. C’est lĂ que naĂźt la souffrance.
Cultiver la robustesse, c’est redonner de l’oxygĂšne aux salariĂ©s. C’est accepter que le « vrai » travail demande des ajustements, des tĂątonnements et de l’imprĂ©vu. En reconnaissant cette complexitĂ©, on ne protĂšge pas seulement la santĂ© des Ă©quipes, on renforce la viabilitĂ© de toute l’entreprise
đ Valoriser les contradictions et le dĂ©bat
â La robustesse encourage à « identifier les questions d’abord » et à « consacrer plus de temps Ă leur analyse », mĂȘme si cela peut sembler contre-productif en termes de rapiditĂ©. Elle valorise la « discussion ouverte » et les « critiques constructives », reconnaissant que la robustesse organisationnelle se construit sur les « contradictions internes ». Les « incohĂ©rences » sont mĂȘme considĂ©rĂ©es comme garantes de la stabilitĂ© Ă long terme.
đCe principe fait Ă©cho Ă la clinique du travail, qui promeut la crĂ©ation d’espaces de discussion collective sur le travail. Ces espaces permettent aux salariĂ©s d’expliciter les dilemmes, les imprĂ©vus et les ajustements qu’ils rencontrent au quotidien. En partageant et en dĂ©battant de ces contradictions inhĂ©rentes Ă l’activitĂ© rĂ©elle, le collectif peut Ă©laborer de nouvelles connaissances et solutions. Ce processus favorise non seulement une meilleure comprĂ©hension et maĂźtrise du travail, mais il permet Ă©galement de transformer la souffrance liĂ©e Ă ces contradictions en un dĂ©veloppement du pouvoir d’agir et une amĂ©lioration de la santĂ© psychologique des travailleurs, la verbalisation Ă©tant essentielle pour « rĂ©organiser ses pensĂ©es ».
đ Renforcer le collectif en crĂ©ant les conditions de la coopĂ©ration
â La valorisation de la coopĂ©ration et du collectif permet aux travailleurs de dĂ©velopper des « compĂ©tences relationnelles » et de s’entraider, renforçant le « sentiment d’appartenance ». Cette dynamique collective est un puissant levier pour la qualitĂ© du travail, car les solutions aux problĂšmes complexes Ă©mergent souvent de l’intelligence collective.
đElle constitue Ă©galement une ressource prĂ©cieuse pour la santĂ© au travail, en offrant un soutien social face aux difficultĂ©s et en favorisant la reconnaissance mutuelle du travail rĂ©el, souvent invisible dans les systĂšmes axĂ©s sur la performance quantitative
đRedĂ©finir la valeur du travail et de la santĂ©
đIl devient urgent de lutter contre la « double Ă©pidĂ©mie de dĂ©missions et de burn-out » en « libĂ©rant certaines activitĂ©s du marchĂ© du travail » et en redonnant du sens au travail.
â Le concept de « santĂ© commune » (englobant la santĂ© humaine, sociale et environnementale) implique la protection de la santĂ© mentale et physique des travailleurs. Il invite Ă concevoir le travail de maniĂšre holistique, intĂ©grant le bien-ĂȘtre des travailleurs comme une condition fondamentale de la viabilitĂ© de la structure, et non comme un coĂ»t ou une simple conformitĂ© rĂ©glementaire. Cette approche reprĂ©sente une revalorisation fondamentale de la qualitĂ© du travail, tant en termes de rĂ©sultats que d’expĂ©rience vĂ©cue par le travailleur, et une reconnaissance de l’interdĂ©pendance entre santĂ© individuelle, collective et environnementale.
đFavoriser lâexpĂ©rimentation et lâadaptabilitĂ©
â La robustesse valorise une « culture de l’apprentissage » oĂč les difficultĂ©s et les Ă©checs sont perçus comme des opportunitĂ©s d’amĂ©lioration. Cette approche encourage l’expĂ©rimentation et considĂšre les tentatives infructueuses comme des ressources prĂ©cieuses pour stimuler la crĂ©ativitĂ© et l’ingĂ©niositĂ© face Ă l’incertitude.
đ La clinique du travail, quant Ă elle, met l’accent sur l’analyse collective des situations de travail, y compris les obstacles et les contraintes rencontrĂ©s. Elle encourage le dĂ©veloppement de stratĂ©gies d’adaptation innovantes Ă travers le dialogue et la rĂ©flexion partagĂ©e sur l’activitĂ© rĂ©elle.
Ces deux perspectives favorisent un environnement oĂč l’adaptabilitĂ© est valorisĂ©e, oĂč les travailleurs se sentent en sĂ©curitĂ© pour explorer de nouvelles approches, et oĂč l’apprentissage continu est intĂ©grĂ© dans la culture organisationnelle. Cette dynamique contribue non seulement Ă la rĂ©silience de l’organisation, mais aussi Ă la santĂ© collective en rĂ©duisant le stress liĂ© Ă la peur de l’erreur et en renforçant le sentiment d’efficacitĂ© et d’autonomie des Ă©quipes.

Conclusion
đ En synthĂšse, la transition vers la robustesse, telle quâelle est proposĂ©e par Olivier HAMANT, consiste en une vĂ©ritable inversion de paradigmes : sortir dâune logique de performance effrĂ©nĂ©e pour sâancrer dans une dynamique de rĂ©silience, de coopĂ©ration et dâadaptabilitĂ©.
Elle résonne profondément avec les principes de la clinique du travail, qui privilégie les interactions humaines, le dialogue, la prise en compte des contradictions et une conception élargie de la santé.
đEn abandonnant le culte de la performance, les organisations peuvent non seulement assurer leur pĂ©rennitĂ© dans un contexte fluctuant, mais aussi offrir un cadre plus humain, plus Ă©panouissant, permettant Ă chaque individu de se dĂ©passer avec lâaide des autres, tout en retrouvant du sens dans leur activitĂ©.
đ«¶Le futur appartient Ă ces structures qui sauront sâadapter et innover par la coopĂ©ration et la robustesse, plutĂŽt que par la compĂ©tition et la surperformance.
Et vous, dans votre organisation, quelle ‘contre-performance’ seriez-vous prĂȘt Ă accepter pour gagner en pĂ©rennitĂ© ? »